L’exploitation des ressources
Le circuit de distribution
La destination finale des produits varie fortement selon les archipels : les îles du Vent absorbent bien évidemment toutes les exportations des îles mais, comme tous les archipels, présente aussi un taux important d’autoconsommation de l’ordre de 65% (700 tonnes).
Une étude sur Moorea en 2002 a estimé un niveau d’autoconsommation, très important de l’ordre de 1.000 tonnes ! La nature de la méthode utilisée, à savoir une enquête de consommation pourrait en être la cause car une étude de ce type menée par l’Institut de la Statistique de Polynésie française en 2002 avait abouti à des chiffres également très élevés, incompatibles avec les chiffres disponibles, fussent-ils partiels. Ces données doivent donc être considérées avec prudence tant qu’une confirmation économique n’aura été effectuée.
Les données issues de travaux scientifiques et d’enquêtes en Polynésie française ont déterminé un rendement halieutique de l’ordre de 0.5 à 1 tonne/km² pour les grands atolls bien exploités des Tuamotu, 3 tonnes/km2 pour un petit atoll des Tuamotu bien exploité tel que Mataiva, 0.7 à 1 tonne pour des îles hautes bien exploitées telles que Raiatea et Tahaa en tenant compte, respectivement, des poissons lagonaires stricto sensu et en intégrant les poissons pélagiques et enfin 3 à 5 tonnes/km2 pour des îles hautes très exploitées telles que Tahiti ou Moorea, respectivement sans et avec les petits pélagiques.
L’exportation annuelle des produits du lagon représente environ 20% du chiffre d’affaire total des produits de la mer exportés (environ 350 millions FCP) hors nacres (187 millions FCP) et perles (18,9 milliards FCP) qui sont aussi des produits lagonaires.
Les quantités lagonaires commercialisées
Plusieurs sources de données sont disponibles : elles concernent les quantités de poisson transportées par voie maritime des îles vers Tahiti (STMA), les quantités transportées par avion vers Tahiti (Air Tahiti), les ventes dans 3 marchés municipaux (Papeete, Pirae, Uturoa), et des données issues d’enquêtes réalisées par le service de la pêche dans l’archipel de la Société.
L’évolution des quantités lagonaires commercialisées dans les 3 marchés municipaux au cours des 20 dernières années est illustrée sur le graphe suivant. On constate globalement une décroissance régulière tant des quantités de poissons de lagon qui passent de 1.400 tonnes en 1984 à moins de 300 tonnes en 2003, que des « autres produits » constitués de crustacés (langouste, crabe, chevrette) et de mollusques (pahua, maoa) passant de 4 à 1,7 tonnes. Les petits pélagiques se sont quant à eux bien maintenus dans le temps.
La partie « transport aérien » se base sur des chiffres 2001 en provenance d’air Tahiti et la ligne « complément estimé » correspond à des correctifs des chiffres officiels issus d’enquêtes afin d’obtenir une estimation finale plus proche des quantités réelles de produits lagonaires exportées des îles vers Tahiti.
Bien que la disponibilité des statistiques des produits lagonaires soit très partielle, il est possible d’estimer la production globale polynésienne aux environs de 4.300 tonnes. Cette production serait répartie ainsi :
3.400 tonnes de poissons lagonaires
700 tonnes de petits pélagiques (ature, operu)
200 tonnes d’autres produits (crustacés, mollusques, échinodermes, etc.) pour une valeur, départ pêcheur de l’ordre de 2 milliards F CFP.
Effectifs
La pêche lagonaire peut-être définie comme l’ensemble des activités touchant à l’exploitation des ressources biologiques naturelles existant dans les lagons, sur la pente externe des récifs ou sur le littoral des îles sans récifs, jusqu’à une profondeur d’environ 100 mètres.
Le registre de la chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL) recensait 1.086 pêcheurs professionnels au début de l’année 2004 (selon le critère d’une production minimale de 2,5 tonnes/an par pêcheur, collecte de coquillages non comprise).
Le véritable effectif de pêcheurs professionnels, lesquels tirent l’essentiel de leurs revenus de la pêche, est probablement 2 à 3 fois supérieur dans la mesure où ce registre ne tient compte que des demandes volontaires et ne constitue pas un recensement exhaustif.
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